Profanation du drapeau national à Kidal : A qui profite l’instabilité au Mali ?

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Alors que les différents protagonistes de la crise, avec une volonté très affichée de l’Etat malien,  ainsi que de la communauté internationale, s’accordent à stopper les tueries au centre du pays, un autre mouvement inconnu à Kidal se laisse manipuler à la révolte.  La CMA (maître des lieux sous protection de la France) a vite dégagé sa responsabilité en se désolidarisant des actes de vandalisme. Qui tire la ficelle  de l’instabilité dans notre pays ?
Les signaux de ces dernières semaines, selon des observateurs internationaux, semblaient inciter « à compter sur des vents en poupe pour gonfler nos voiles vers des rivages cléments ». Cette thèse est d’ailleurs matérialisée par  un arrêt de l’insupportable enchainement des tueries dans la région de Mopti. Parce que le gouvernement et ses partenaires ont décidé de passer à la vitesse supérieure en prenant le taureau par les cornes. Aussi, parce que les acteurs locaux ont choisi la voie de la paix.
Les actions sécuritaires et alimentaires menées par le gouvernement sont significatives dans l’amorce d’une reprise du contrôle du terrain perdu par l’Etat dans cette partie du pays.  Plus  de 3000 hommes supplémentaires et 8000 tonnes de vivres  sont passés par là à l’occasion de la tournée du Premier ministre. L’Etat marque ainsi sa présence à la fois par la force publique que par l’assistance aux populations dans le besoin.
Des profiteurs à la manœuvre ?
Mais, c’était sans compter avec des combines déstabilisatrices des pyromanes tapis dans l’ombre profitant des richesses de la zone de Kidal.  Car, le mercredi 17 juillet 2019, cet espoir de vents favorables a été de courte durée. Des  actes d’outrage au drapeau et aux symboles nationaux  ont été commis à Kidal par des jeunes, femmes et notabilités en rassemblement. Ils ont prétexté ce vandalisme  par une opposition à la présence d’une délégation parlementaire chez eux. Pour alors manifester leur mécontentement, le symbole de la Nation (drapeau) a été brûlé. Cette atteinte très grave au processus de la paix intervient au moment que la communauté internationale est très préoccupée et engagée pour la stabilité au Mali.
A chaud, pour dégager toute sa responsabilité, la CMA s’est désolidarisée.  Dans son communiqué, la CMA indique que ces évènements survenus à Kidal sont contraires aux efforts qu’elle déploie pour l’instauration d’un climat « serein et favorable » à l’aboutissement des efforts entrepris avec le gouvernement pour l’accélération des aspects prioritaires de l’accord pour la paix. « La CMA condamne avec la dernière énergie les actes posés à l’encontre du drapeau national et se désolidarise sans ambages de tout acte contraire à ses engagements pris dans l’APR. Y  compris ceux liés aux symboles de l’État dans la ville de Kidal », a-t-elle défendu. D’ailleurs, la CMA a même été contestée à travers la profanation de son drapeau à lui. Comme s’il avait une main invisible dernière le mouvement de contestation.
«La Médiation internationale et son chef de file, l’Algérie, ont suivi avec indignation et consternation les évènements inadmissibles survenus dans la ville de Kidal le 17 juillet 2019 lorsqu’un groupe de manifestants a délibérément saccagé et vandalisé les symboles d’État notamment en mettant le feu au drapeau national. Des atteintes gravissimes à l’unité nationale du Mali qui ont choqué l’opinion nationale et internationale  », a déploré cette médiation. Et d’être on ne peut plus claire : « La Médiation internationale exige une enquête dans les meilleurs délais et rappelle que ceux qui entravent la mise en œuvre  de l’Accord pour la paix s’exposent aux sanctions du Conseil de sécurité des Nations Unies ».
Selon le porte parole du gouvernement malien, Yaya Sangaré, les auteurs de tels actes s’exposent aux sanctions prévues contre ceux qui font entrave à la mise en œuvre de l’accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger. « Le gouvernement de la République du Mali demande avec insistance à tous les acteurs de la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, de s’investir pour faire respecter le drapeau et tous les symboles de la République du Mali », a-t-il communiqué.
Face à la situation, certaines personnalités du pays mettent en cause la responsabilité de la France. Selon le porte-parole du Parlement populaire (PPP), Pape Diallo, « Il y a des grosses manipulations derrière ces actes de vandalisme du drapeau à Kidal ». Il va d’ailleurs très loin dans son accusation : « c’est un complot visant à créer un autre conflit au Nord du Mali. Pour moi, c’est la France qui est derrière ça. Elle veut juste créer la zizanie entre les populations maliennes à Kidal. Ce qui s’est passé à Ogossagou risque de se passer à Kidal ».
Des actions humanitaires en cours  seront-elles coulées ?
Pourtant, au centre du pays, l’Etat malien a marqué  sa détermination à ne pas manquer  à ses obligations. Et les partenaires étrangers ont changé de posture pour l’accompagnement. Car la tournure dramatique des évènements de ces derniers mois a affecté tout le monde.  Ce qui a motivé le déploiement des troupes onusiennes aux côtés de nos soldats pour la sécurisation des populations civiles. L’ONU s’est aussi mobilisée pour trouver une solution rapide à la dégradation de la situation humanitaire. Une mission a séjourné récemment dans notre pays pour étudier les modalités d’une intervention en coordination avec les autorités maliennes. De son côté, l’Union européenne est passée à l’action en mobilisant la somme de 6,5 milliards de F CFA pour le retour des services sociaux de base et l’administration dans les zones affectées par la crise.
Oumar  Moro Diakité : LA REDACTION DU MALI

 

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